Montebourg, vainqueur du débat de la primaire PS... sur Twitter

Publié le par les-jeunes-avec-arnaud-montebourg

Montebourg, vainqueur du débat de la primaire PS... sur Twitter

Manuel Valls largement battu, Arnaud Montebourg largement vainqueur: le verdict de Twitter après le 3e débat de la primaire socialiste.

Capture d'écran BFM

Moins de messages que lors du premier débat et une nette prime aux candidats marqués à gauche: mercredi soir, Twitter a blackboulé Manuel Valls et Jean-Michel Baylet et plébiscité Arnaud Montebourg. Analyse. 

Le troisième débat TV consacré aux primaires citoyennes confirme l'intérêt du public en ligne pour cette initiative inédite. Le nombre de tweets produits pendant les trois heures d'émission a même été hier légèrement supérieur à celui enregistré lors du second débat: 15 146 contre 13 886. Cette différence s'explique sans doute par le passage en prime time de ce "débat décisif". Quoi qu'il en soit, elle montre qu'il n'y a pas d'effet de lassitude parmi les utisateurs de Twitter, qui continuent à se mobiliser massivement pour commenter, soutenir ou critiquer les performances médiatiques des différents candidats. 

Netscope/LEXPRESS.fr

Comme lors des deux débats précédents, Arnaud Montebourg et François Hollande mènent le buzz: ils sont, chacun, mentionnés dans 22% des tweets. Globalement, c'est une relative stabilité qui l'emporte en volume, Martine Aubry reprenant la troisième position à Ségolène Royal, suivie par Jean-Michel Baylet, lequel devance Manuel Valls, qui n'est présent que dans 9% des messages. Ce sont donc le grand favori des sondages et le candidat positionné le plus à gauche qui suscitent le plus de réactions et d'intérêt. 

Twitter attaque les candidats sur leur gauche

Sur Twitter, dominent les messages ironiques et critiques. Les milliers de posts de mercredi soir ont été conformes à cette réputation. Seuls deux candidats bénéficient d'un ratio de tweets positifs/négatifs favorable: Ségolène Royal et Arnaud Montebourg. 

Netscope/LEXPRESS.fr

Les quatre autres candidats font l'objet d'un buzz orienté négativement. C'est tout particulièrement le cas de Jean-Michel Baylet (1 tweet positif contre 5 négatifs), de François Hollande (1 tweet positif contre 6 négatifs) et de Manuel Valls (1 tweet positif contre 19 négatifs!) 

Concernant les deux derniers, les évolutions observées entre le premier et le dernier débat sont particulièrement significatives: lors de son passage sur France2, le 15 septembre, François Hollande avait suscité 1 tweet positif contre 1,5 tweet négatif et Manuel Valls 1 tweet positif contre moins d'1 tweet négatif. Cette dégradation spectaculaire s'explique sans doute par les évolutions décelables dans le public des débats TV et dans la composition des utilisateurs de Twitter. Il y avait beaucoup plus de téléspectateurs lors du premier débat, en raison de la puissance du média (France2) et de la curiosité suscitée par cette première confrontation d'un genre nouveau. En conséquence, le public, et Twitter, étaient sans doute plus divers, avec une partie d'électeurs centristes et de droite. La réduction des audiences TV et du nombre de tweets produits (près de deux fois moins) entre le premier et le dernier débat est allée de pair avec une surreprésentation d'un public beaucoup plus politisé et beaucoup plus à gauche. L'évolution ne pouvait qu'être défavorable à Manuel Valls (qui avait bénéficié du soutien de téléspectateurs de droite) et, dans une moindre mesure, à François Hollande, perçu par nombre d'internautes comme occupant une position "moins à gauche" que ses principaux concurrents. Ce positionnement semble produire des effets positifs dans les sondages, mais il n'est guère prisé par les internautes les plus actifs. 

Netscope/LEXPRESS.fr

On reproche àFrançois Hollande une position jugée floue sur, par exemple, le retour de l'âge légal de la retraite à 60 ans et, plus globalement, des propositions trop "prudentes", "défensives", pas assez clairement identifiées aux crédos traditionnels de la gauche et de la gauche de la gauche. De même, Manuel Valls est-il presque unanimement rejeté comme étant "trop à droite", voire "de droite". La déclaration d'Arnaud Montebourg - "les tribunaux sont plus à gauche que Valls" - a dans ce contexte rencontré un certain succès (288 tweets ont repris cette citation). 

Les autres candidats ont, eux aussi, été rejetés lorsqu'ils adressaient des signaux perçus comme relevant de l'univers symbolique de la "droite". A l'inverse, ils ont été soutenus lorsque leur positionnement était identifié à celui de la "gauche". Ainsi, Jean-Michel Baylet suscite-t-il l'ironie lorsqu'il met en avant le fait qu'il est le "seul chef d'entreprise", déclenchant une vague de tweets rappelant qu'il est aussi "le seul mis en examen" du plateau. 

En revanche, Martine Aubry a vu augmenter ses soutiens quand elle a attaqué la réforme des retraites et Ségolène Royal quand elle a parlé des banlieues. A l'inverse, sa déclaration, selon laquelle "la violence a l'école a été mon combat, maintenant les enfants vont à l'école la peur au ventre, avec moi les enfants seront heureux d'aller à l'école", a suscité un intense trafic négatif (c'est le passage qui aura été le plus retweeté de la soirée). 

Arnaud Montebourg, large vainqueur de la primaire sur Twitter

Sans préjuger de la spontanéité des avis positifs exprimés sur Twitter (voir plus bas), Arnaud Montebourg remporte très largement le match: non seulement en volume, où il mène, à égalité avec François Hollande, mais surtout en tonalité. De tous les candidats, il est le seul à présenter un tel ratio de tweets positifs/tweets négatifs: 2 contre 1. Si certaines de ses déclarations ont suscité des messages négatifs - sur les accidents de parcours dans la vie des femmes, par exemple, ou son discours de conclusion, que Twitter a trouvé surjoué - son programme et ses engagements, proches de ceux de la "gauche de gauche", ont été plébiscités par de nombreux posts. 

A ce succès, deux raisons principales:
- l'activisme Web de l'équipe Montebourg. S'inspirant de la campagne Obama, Arnaud Montebourg a décidé depuis le début de la campagne d'investir massivement les réseaux sociaux. Et enregistre pour une part les résultats de cet investissement militant - mais également les réactions d'un public très politisé et présentant une forte sensibilité de gauche. 

- Ce second point est le plus important. Car si les primaires citoyennes réunissaient une importante proportion d'électeurs présentant des caractéristiques similaires, les candidats dont le positionnement est fortement ancré à gauche pourraient bénéficier d'un avantage concurrentiel. 

Le très bon résultat enregistré par Arnaud Montebourg correspond sans doute à la composition du public du débat (qui devait logiquement pencher à gauche) et à la forte politisation (favorisant les opinions tranchées) qui caractérisent le réseau Twitter. Comme il n'est pas exclu que ce type de profils soit surreprésenté au sein de l'électorat des primaires, il peut laisser espérer à Arnaud Montebourg un score confirmant sa récente dynamique enregistrée par les sondages. 

 

Source :

L'Express

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